17 novembre : Journée Mondiale de la prématurité

17 novembre : Journée Mondiale de la prématurité

La prématurité : de belles promesses et des défis encore à relever 

 

Ces dernières années, les progrès de la médecine ont permis d’améliorer la prise en charge des bébés nés avant terme. Beaucoup de zones d’ombres et d’améliorations restent néanmoins à découvrir, afin d’augmenter les probabilités de survie des bébés prématurés, en particulier des grands prématurés.

 

Un problème de santé majeur

 

Sur une initiative de l’OMS, le 17 novembre est consacré chaque année Journée mondiale de la Prématurité. Grâce à l’intervention de plusieurs associations et établissements de santé, l’Organisation mondiale de la santé ambitionne surtout de souligner l’importance de ce phénomène, qui est loin d’être un cas rare contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent. Rien qu’en France, le nombre de bébés nés prématurément s’élève à plus de 60 000 chaque année, un chiffre en perpétuelle augmentation. A l’échelle de l’Europe, ce chiffre monte à 500 000 cas annuels, pour plus de 15 millions de bébés prématurés à travers le monde. Le 17 novembre se présente dès lors comme une grande occasion d’attirer l’attention sur ce problème de santé, mais aussi de sensibiliser les mères et les familles sur les avancées médicales existantes dans la prise en charge des bébés nés avant terme.

 

Ces prises en charge adaptées sont d’une importance capitale pour la santé et l’avenir même des bébés prématurés. Une étude récente de l’Université de Warwick, à Coventry, fait apparaitre en effet que les enfants nés prématurément ont de plus grandes chances d’échouer économiquement à l’âge adulte que les enfants nés à terme. Cette vulnérabilité s’expliquerait avant tout par les séquelles de la prématurité, qui affectent essentiellement leur cerveau, considéré comme « immature » par les chercheurs. Outre ces résultats à long terme, les bébés prématurés sont susceptibles de rencontrer des difficultés particulières, tels des troubles du langage, ou encore des troubles visuels et des déficits de motricité. Ces séquelles ne sont toutefois pas systématiques : les chiffres montrent que 90 % des grands prématurés et pas moins de 70 % des très grands prématurés grandissent normalement, après une prise en charge adéquate en unité de néonatalogie.

 

Des soins en constante amélioration

 

En France, la prise en charge des bébés prématurés est strictement régulée, afin de réduire au minimum le taux de mortalité dans cette catégorie d’âge. Les maternités se sont spécialisées suivant les niveaux de prématurité. Les grands prématurés, soit nés entre la 33e et la 35e semaine, sont directement transférés dans une maternité de niveau II, tandis que les prématurés extrêmes – ceux nés avant la 33e semaine – sont pris en charge par une maternité de niveau III. Le placement en incubateur des grands et très grands prématurés est systématique, le but étant de maintenir la température du bébé à un niveau équivalent à celui du corps de la mère, soit à 37 °. En cas de difficultés respiratoires, le recours à des sondes respiratoires reliées directement à la trachée est indispensable.

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Des appareils performants et des moniteurs spécialisés surveillent en permanence l’alimentation du bébé par perfusion, ainsi que son taux d’oxygène et sa fréquence cardiaque. L’environnement de ces maternités spécialisées est par ailleurs conçu de manière à éviter les infections des prématurés, leur système immunitaire étant encore immature, mais aussi afin de faciliter l’adaptation du bébé à un environnement extérieur différent de l’utérus de sa mère. Les procédures  de soins des prématurés n’ont de cesse de s’améliorer au fil des années.

 

Des lendemains plus prometteurs

 

La prise en charge pourrait même être encore plus avancée, si l’on en croit une découverte très récente des chercheurs de l’École Médicale du Sud-Ouest à l’Université du Texas. Ces scientifiques ont identifié deux protéines, SRC-1 et SRC-2, au niveau du poumon du fœtus. Ces protéines seraient responsables de l’activation des gènes des poumons et influent directement sur l’inflammation de l’utérus pour lancer le processus d’accouchement. En partant de ce constat, les auteurs de la découverte stipulent que le déclenchement de l’accouchement est déterminé par le fœtus lui-même. L’équipe estime dès lors qu’en modifiant la concentration de ces protéines dans les poumons du foetus, il est possible de retarder ou d’avancer l’accouchement et de mieux gérer ainsi les cas de prématurité. Les tests, bien qu’effectués sur des souris, laissent en tout cas entrevoir de belles promesses qui pourraient faire avancer les soins des grands prématurés dans un avenir proche.

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