Le toucher un acte essentiel pour le développement du bébé prématuré

Le toucher un acte essentiel pour le développement du bébé prématuré

La peau est l’organe le plus grand du corps humain, elle représente 16% de son poids total. C’est une barrière de protection de l’organisme mais pas seulement. Elle remplit d’autres fonctions vitales:
Perception et de sensibilité, grâce aux nombreuses terminaisons nerveuses qu’elle comporte.
Régulation thermique par la sudation synthèse de vitamine D sous l’action des rayons solaires.
Relation entre le psychisme et le système immunitaire de la peau.
Voilà pourquoi la peau est considérée comme un organe.
La peau du bébé est très sensible, il appréciera plutot des contacr francs que des effleurages qui seront plus agressifs pour lui.

Le toucher contribue à informer le corps de son état dans un contexte donné, ce qui en fait l’un des quatre composants du système somatosensoriel. C’est le premier sens à se développer durant la grossesse. . En effet, dès 5 mois le bébé va chercher le contact avec son propre corps, dès 6 mois il va pouvoir pousser un poids sur le ventre de sa mère qui le dérange ou bien venir se blottir contre une main. C’est pourquoi la pratique de l’haptonomie (science du toucher affectif) permet déjà de créer du lien entre les parents et le bébé durant sa vie in utéro.
A la naissance le toucher va continuer à favoriser la construction du lien d’attachement. Allaitement maternel, peau à peau, portage et massages sont autant de pratiques qui vont bénéficier au développement cérébral du bébé. Le toucher permet également la découverte du monde. Ainsi les récepteurs autour de la bouche du bébé sont les plus matures à la naissance, c’est pourquoi le bébé porte tout ce qu’il peut à sa bouche.
Par le toucher, le contact proximal, le bébé se sent contenu, il intègre petit à petit son schéma corporel.

Quelles stratégies adopter avec un bébé né prématurément.

Il est nécessaire d’adapter au mieux les soins afin d’éviter au bébé toute stimulation douloureuse ou inadéquate. En effet, le déséquilibre entre des stimulations tactiles non douloureuses et des stimulations tactiles douloureuses peut entraîner, à long terme, des modifications dans le développement cérébral. Il faut donc veiller à ne pas le surstimuler. Les soignants sont vigilants concernant les postures quand ils installent les bébés de façon à ce qu’ils puissent explorer leur corps ou quand ils les installent en peau à peau. Dans sa notice l’association sparadrap explique comment procéder

De nombreuses études ont montré l’intérêt de la méthode mère-kangourou sur l’état psychologique des mamans et sur l’état du bébé. En effet, cette méthode permet :

La diminution du stress chez le bébé,
L’augmentation du temps et de la qualité de sommeil,
L’augmentation du succès de l’alimentation orale (notamment de l’allaitement maternel) permettant ainsi la prise de poids,
Une meilleure interaction entre la maman et son bébé pendant l’hospitalisation,
Une amélioration du développement de l’enfant (notamment au niveau de l’attention et du comportement).
Une stabilisation de la température corporelle pour le bébé.

Les soins de développement (NIDCAP) réduisent les stimulations tout en axant les soins sur le développement des sens.

Concernant le toucher les soins vont être adapté à l’état de veille du bébé, les postures vont être étudiées, des gestes favorisant le calme vont être privilégiés afin de soutenir les comportements de bien-être.

« Massage, peau à peau, allaitement, succion non nutritive, enveloppement (swaddling), couchage en flexion, de préférence sur le côté (nouveau-né sous monitoring) ; maintien en position de flexion ; peau à peau »

La thérapie par le massage

« […] Des pédiatres américains ont eu l’idée d’améliorer le ressenti sensoriel des prématurés par des massages corporels. Ainsi, au début des années 1980, une équipe dirigée par Tiffany Field, de l’université de Miami, a mis au point une méthode adaptée à ces bébés. Les massages sont prodigués au prématuré trois fois par jour pendant sept à dix jours après la naissance. Chaque séance dure en moyenne 15 minutes, et est divisée en deux phases. La première dure dix minutes : l’enfant est couché sur le ventre, et le masseur exerce des pressions modérées sur l’ensemble du corps. Pendant la seconde phase, l’enfant est couché sur le dos, et le masseur effectue des flexions et des extensions des membres. Ces massages ne doivent pas être pratiqués à n’importe quel moment : il faut s’assurer que le bébé n’est pas fatigué ou agité mais détendu et prêt à interagir, afin de ne pas créer chez lui un stress supplémentaire.

Dès le milieu des années 1980, Tiffany Field et ses collègues ont montré que cette thérapie améliorait l’état de santé général des prématurés dès la période néonatale, c’est-à-dire dans les 40 jours qui suivent la naissance [3] . En 2010, ces pédiatres ont réalisé la synthèse des études qu’ils avaient menées pendant plus de vingt ans. Leur analyse montre que les prématurés ayant bénéficié de massages pendant cinq à quinze jours ont une prise de poids plus importante – entre 21 % et 48 % – et restent en moyenne trois à six jours de moins en service de néonatologie [4] . En outre, ils présentent moins de complications postnatales. Ces effets bénéfiques ont été confirmés par les travaux de plusieurs équipes dans le monde, par exemple en Inde et en Chine [5] . En 2007, Tiffany Field et ses collègues ont également prouvé que leur méthode réduisait le stress des bébés [6] .

Ces massages ont-ils un effet sur le développement cérébral ? Oui, selon une étude italienne publiée en 2009 [7] . Pour le montrer, Andrea Guzzetta et ses collègues ont réalisé un électroencéphalogramme chez 10 enfants prématurés ayant bénéficié de massages et 10 enfants prématurés contrôles. L’examen a été pratiqué une semaine après la naissance avant le début de la thérapie puis quatre semaines après la naissance. Les pédiatres ont également testé les facultés visuelles des bébés et procédé à une analyse de sang pour doser certains constituants tels que le facteur de croissance IGF-1 impliqué dans le développement cérébral. Les résultats ont révélé une meilleure maturation du cerveau, en particulier une accélération de l’acuité visuelle, chez les enfants qui avaient suivi la thérapie. Ces derniers avaient également des taux d’IGF-1 plus élevés que les bébés contrôles. Les massages auraient donc bien une influence positive sur la maturation cérébrale, et notamment sur le développement de la vision. »

Quelques initiatives:

http://www.pediadol.org/Effets-du-massage-dans-une-unite,211.html

http://www.pediadol.org/Le-peau-a-peau-des-bienfaits.html

Références :

http://www.larecherche.fr/idees/back-to-basic/toucher-01-04-2008-87597
http://www.larecherche.fr/savoirs/cognition/massages-aident-prematures-a-se-developper-01-06-2011-78726

http://www.cnrd.fr/NIDCAP-et-douleur-neonatale.html

 

 

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